L’arc classique (ou recurve) fonctionne sans aide mécanique : la force à exercer augmente en continu jusqu’au lâcher, ce qui demande de la technique et beaucoup de répétition. L’arc à poulies utilise un système de cames qui réduit fortement la force à maintenir une fois à pleine allonge, ce qui facilite la stabilité au moment de viser mais implique davantage de réglages mécaniques. Le bon choix dépend surtout de la discipline visée, du budget, et du type d’effort que vous voulez fournir dans le geste.
Ce guide détaille le fonctionnement des deux arcs, leurs usages selon les disciplines fédérales (tir à l’arc extérieur, tir en salle, tir en campagne) et les critères pour faire un choix éclairé.
Sommaire
- Comment fonctionne un arc classique
- Comment fonctionne un arc à poulies
- Les différences techniques essentielles
- Arc à poulies ou arc classique selon la discipline
- Et l’arc nu dans tout ça ?
- Quel arc choisir selon votre profil
- Questions fréquentes
Comment fonctionne un arc classique
L’arc classique est constitué d’une poignée et de deux branches démontables. Les branches emmagasinent l’énergie pendant l’armement et la restituent intégralement à la flèche lors du lâcher. Aucun système mécanique n’intervient : plus vous tirez sur la corde, plus la force à fournir augmente, de façon linéaire, jusqu’à l’ancrage.
C’est l’arc utilisé aux Jeux olympiques, seule arme autorisée dans cette compétition. Il peut être équipé, selon la discipline et le niveau, d’un viseur, d’un stabilisateur, d’un repose-flèche et d’un clicker, ou tiré nu (sans viseur) en configuration barebow.
Comment fonctionne un arc à poulies
L’arc à poulies (ou compound) n’est pas démontable. Il utilise deux poulies (cames) reliées par des câbles, qui démultiplient la force appliquée sur la corde. Selon la Fédération Française de Tir à l’Arc, la mise en tension n’est pas linéaire : elle mobilise environ 75 % de la puissance de l’arc pendant la phase d’armement, puis les 25 % restants jusqu’à la fin de la traction, avant que l’intégralité de la puissance ne soit transmise à la flèche au moment du lâcher.
Ce phénomène s’appelle le let-off : l’effort à maintenir en position d’armé complet chute nettement, ce qui permet de tenir la visée plus longtemps sans fatigue musculaire. L’archer utilise un décocheur plutôt que ses doigts pour libérer la corde, et son viseur peut être équipé d’une loupe grossissante, contrairement à l’arc classique.
Les différences techniques essentielles
Le geste et l’effort à l’ancrage
Sur arc classique, l’effort est maximal au moment du lâcher. Sur arc à poulies, l’effort diminue fortement une fois à pleine allonge grâce au let-off, ce qui change complètement la gestion physique et mentale de la visée.
La précision mécanique
Le système de poulies, le décocheur et le viseur à loupe offrent à l’arc à poulies une régularité mécanique supérieure. L’arc classique reste plus dépendant de la répétabilité du geste de l’archer, notamment au niveau du lâcher de corde.
L’entretien et les réglages
L’arc classique se règle assez simplement (poids des branches, position du repose-flèche, réglage de viseur). L’arc à poulies demande un suivi plus technique : synchronisation des poulies, tension du câblage, réglage du let-off et de l’allonge, qui est généralement fixe et modifiable seulement par changement de module.
Tableau comparatif
| Critère | Arc classique | Arc à poulies |
|---|---|---|
| Fonctionnement | Linéaire, sans aide mécanique | Système de poulies et de câbles (let-off) |
| Effort à pleine allonge | Maximal jusqu’au lâcher | Réduit de 65 à 80 % selon l’arc |
| Démontable | Oui (poignée et branches séparées) | Non |
| Lâcher de corde | Aux doigts (protection type palette) | Décocheur |
| Discipline olympique | Oui | Non |
| Réglages et entretien | Relativement simples | Plus techniques (synchronisation, câblage) |
Arc à poulies ou arc classique selon la discipline
Les deux arcs sont autorisés dans les trois grandes disciplines fédérales, mais les distances, les catégories et le matériel diffèrent sensiblement.
En tir à l’arc extérieur (TAE)
En TAE, l’arc à poulies tire à 50 mètres sur une cible de 80 cm, tandis que l’arc classique évolue sur une cible de 122 cm, à des distances qui varient selon la catégorie d’âge. Selon la FFTA, la progression par catégorie est la suivante : U13 à 30 m, U15 à 40 m, U18 et Seniors 3 à 60 m, puis 70 m en arc classique de U21 à Senior 2, ou 50 m en arc à poulies de U15 à Senior 3.
En tir en salle (18 m)
La distance officielle est fixée à 18 mètres pour toutes les catégories. Le blason mesure 60 cm pour les U13 et U15, et 40 cm pour les U18, U21 et adultes. L’arc à poulies tire obligatoirement sur un blason trispot, dont la zone centrale (le 10) est plus petite et notée X, alors que l’arc classique peut tirer sur mono-blason ou trispot selon l’organisateur.
En tir en campagne
Le tir en campagne se pratique sur des blasons noir et jaune, à des distances connues ou inconnues allant jusqu’à 60 mètres, sur un parcours en terrain naturel. Les styles reconnus par la FFTA sont l’arc classique, l’arc à poulies, l’arc nu (barebow) et le longbow, cette dernière catégorie étant spécifique à la France.
Un point à connaître si vous débutez en campagne : l’arc à poulies nu n’a pas de catégorie distincte, il est regroupé avec les arcs à poulies classiques. De même, l’arc de chasse n’a pas de catégorie propre en compétition fédérale de campagne, il est associé à l’arc nu.
Et l’arc nu dans tout ça ?
L’arc nu, ou barebow, désigne un arc classique (le plus répandu) ou un arc à poulies utilisé sans viseur. L’archer vise avec la pointe de sa flèche et ajuste sa distance en changeant la position de ses doigts sur la corde. C’est une pratique répandue en tir en campagne et en tir en salle, plus rare en tir à l’arc extérieur.
Quel arc choisir selon votre profil
Il n’y a pas de « meilleur » arc dans l’absolu, seulement un arc plus adapté à votre pratique.
- Vous voulez intégrer un club, suivre le cursus fédéral et progresser pas à pas : l’arc classique reste la porte d’entrée la plus enseignée.
- Vous recherchez une stabilité mécanique et un effort réduit au moment de viser : l’arc à poulies répond à ce besoin, au prix d’un matériel plus technique à entretenir.
- Vous aimez la simplicité du geste et la légèreté du matériel : l’arc classique se transporte et se démonte facilement.
- Vous visez la compétition sur cible avec un objectif de régularité de score : les deux arcs sont représentés à haut niveau, le choix devient alors une question de style de tir personnel.
Quel que soit l’arc choisi, la performance dépend aussi beaucoup du réglage du matériel et de l’accord entre l’arc et les flèches. Pour aller plus loin sur ce point, notre guide pour bien choisir ses flèches selon son arc détaille les critères de spine et de longueur à respecter.
Questions fréquentes
L’arc classique n’a pas d’aide mécanique : l’effort augmente jusqu’au lâcher. L’arc à poulies utilise un système de cames qui réduit fortement l’effort à maintenir une fois à pleine allonge, grâce au let-off.
Pas nécessairement plus facile, mais différent : l’effort physique est moindre au maintien, mais les réglages mécaniques (synchronisation des poulies, câblage) demandent un vrai suivi technique que l’arc classique ne réclame pas.
Oui, l’arc à poulies est reconnu en tir à l’arc extérieur, en tir en salle et en tir en campagne, avec des distances et des blasons spécifiques à chaque discipline.
Le let-off est la réduction de l’effort à fournir une fois l’arc armé à pleine allonge, généralement entre 65 % et 80 % selon le modèle. Un arc de 60 livres avec 75 % de let-off ne demande plus que 15 livres de maintien au mur.
Les deux existent : un arc classique sans viseur (le plus courant) ou un arc à poulies sans viseur. Dans les deux cas, l’archer vise avec la pointe de sa flèche plutôt qu’avec un dispositif optique.






